KaZeo
Fermer
Oldicaces >>
  Créer son blog KaZeo     Créer un blog gratuit Jeudi 23 mai 2013   St Didier  
Général proust
   
 A propos de moi
 Mon pseudo : Riches
 Me contacter
 En savoir plus sur moi
 
 Mes rubriques
 Général proust
 La guerre
 Tableaux
 Saint-loup
 Charlus
 Lucienne
 Elstir
 Gilberte
 Bréauté
 Albertine
 Norpois
 Oriane
 Argencourt
 Roberte
 Palancy
 Rachel
 Ganançay
 Germaine
 Françoise
 
 Parrainage
Titre de votre futur blog :
 
 
 Sommaire des articles de cette rubrique
   
 Gilberte se croit observée (le 22/04/2006 à 10h18)
Il y a des regards particuliers et qui ont l’air de vous reconnaître, qu’un jeune homme ne reçoit jamais de certaines femmes — et de certains hommes — que jusqu’au jour où ils vous connaissent et apprennent que vous êtes l’ami de gens avec qui ils sont liés aussi.
Marcel Proust, Sodome et Gomorrhe.

Même si elle n'en a aucun témoignage, Gilberte pense être le centre de convergence de toutes les curiosités, elle a l'impression d'être constamment surveillée, s’est continûment sentie comme à l'étal, d'être sans cesse dans la visée d'objectifs indiscrets et s’imagine aisément que tous les regards la suivent mais ce ne sont pas ces regards-là qui en ce moment l’intéressent ou l’inquiètent, ce qu’elle cherche dans la salle ce sont des regards connus, ceux de proches ou d’amis de proches susceptibles de la remettre en confiance : dans l’incertitude qui la mine, à cause des soupçons qui la préoccupent, elle n'aime plus les regards qu'elle sent toujours peser sur elle, a besoin de quelqu’un à qui se raccrocher. Un serveur passe portant des rafraîchissement sur un plateau, il a un regard profond, dérangeant, qui fouille le corps jusqu'aux os, ses yeux sont d'un bleu profond et tranquille, leurs regards se croisent, se détournent, puis ils se fixent longtemps, elle secoue légèrement la tête en signe de refus, se demande si c’est par hasard qu’il est venu vers elle ou si ce geste dissimule autre chose : les yeux sombres de Gilberte — qui n'a jamais su regarder qui que ce soit franchement — se perdent dans une inquiétude apeurée, elle regarde à l'intérieur d’elle-même, fuit ce qu'elle y découvre.

Alors qu’elle approche des fenêtres, elle aperçoit Argencourt que Palency lui a fait connaître, il la salue de loin mais elle ne l’aime pas, n’a aucune envie de parler avec lui, se demande comment l’éviter quand un militaire s’approche de lui, le salue, l’aborde ; rassurée sur la crainte d’avoir à causer avec Argencourt, Gilberte n’éprouve aucune curiosité pour les convives qui l’entourent, elle ne les voit pas, les regarde avec distraction, traverse leur masse comme une prairie, passe à côté d’eux comme une ombre, cherche un regard qui la reconnaisse, croise enfin celui de Saint-Loup, son ami d’enfance, occupé à discuter avec sa maîtresse, il lui sourit, Germaine la regarde, lui sourit aussi, Gilberte, soulagée, s’approche d’eux : — Je suis si heureuse de vous trouver là ce soir, dit elle. — Le plaisir est partagé, dit Germaine, qu’avez-vous fait de Norpois ? — Si vous le voulez, nous pouvons le chercher ensembles…
[ Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) | Imprimer | Permalien ]
 Mises à jour
- La Disparition du Général Proust fait parl... News Le 01/03/2006
- Françoise réclame de la solidarité Articles Le 26/09/2006
- La vie sexuelle de Marc Hodges Liens Le 16/07/2006
 
 
 Horloge
 
 Rechercher
 
 
 Statistiques
 1 connecté(s)
 130326 visiteurs
 Depuis le 28/08/2005
 
Créer un blog gratuit avec KaZeo | Créer un site | RSS articles RSS articles