|
|
| |
|
|
| |
| Parrainage |
| Titre de votre futur blog : |
|
|
| |
|
|
|
| Sommaire des articles de cette rubrique |
|
|
|
|
| Oriane est méditative (le 10/06/2006 à 09h34) |
…il
ne faut pas ne redouter dans l’amour, comme dans la vie habituelle, que
l’avenir, mais même le passé qui ne se réalise pour nous souvent
qu’après l’avenir…
Marcel Proust, La Prisonnière.
Il y a dans l'existence des moments où tout semble se déliter, où le
sable des événements coule entre ses doigts sans qu'elle puisse rien
faire pour les retenir, mais ses rêveries n'ont rien de romantique,
Oriane souffre simplement de ne pouvoir les maîtriser, elle se sait
rêveuse mais n'a jamais pu s'obliger à sortir de son inaction somme
toute assez confortable. Elle a à moitié raison, se raconte continûment
des histoires extravagantes, Oriane n'a jamais connu d'autre réalité
que celle-là, elle ne sait rien du présent, ne veut rien en savoir…
Oriane n'a jamais dû montrer dans la réalité qu'elle était capable de
faire face à des épreuves. Faute d'avoir le courage de vivre, elle se
découvre des difficultés à vivre ; ses craintes métaphysiques relèvent
ainsi de la paresse. Depuis quelques temps déjà virevolte dans son
esprit une obsession dont elle ne peut se défaire. Elle se découvre des
affections qui l'empêchent de vivre. Il ne faut pas. Elle a peur de
cette mort qu'elle sent rôder continûment. Oriane songe.
Charlus s’approche: — Avez-vous vu ? on ne peut plus sortir de la
salle… — Que pensez-vous que cela signifie? — Je crains le pire… Il ne
faut pas ne redouter dans la vie habituelle, comme dans l’amour, que
l’avenir, mais même le passé qui ne se réalise pour nous souvent
qu’après l’avenir: ils sont dans leur enfance, dans ce qui était
inscrit en elle et dont ils ne pouvaient alors avoir conscience. Se
disent que tout a commencé là, dans cette complicité définitive établie
au bord de la mer et qui, comme une cellule cancéreuse, s’est alors
installée entre eux et Argencourt, connivence qui, alors qu’ils étaient
loin de l’imaginer, les orientait inexorablement vers le destin du
Général.
Tout le paysage du Foyer se fige soudain dans une immobilité froide,
comme dans ces films fantastiques où la pellicule semble s’immobiliser
dans l’attente de la venue d'un magicien porteur du flambeau de la vie.
|
|
| [
Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) |
Imprimer |
Permalien ]
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
| |
|
|
| |
| Statistiques |
| 2 connecté(s) |
| 130255 visiteurs |
| Depuis le 28/08/2005 |
|
| |
|