|
|
| |
|
|
| |
| Parrainage |
| Titre de votre futur blog : |
|
|
| |
|
|
|
| Sommaire des articles de cette rubrique |
|
|
|
|
| Massacres (le 08/02/2006 à 11h50) |
…dans
ces guerres modernes où les préparations de l’artillerie, la formidable
portée des engins, ne font que retarder le moment où l’homme se jette
sur l’homme et où c’est le cœur le plus fort qui a le dessus.
Marcel Proust, Albertine disparue.
Le Salon est vide.
Seules les images muettes diffusées sur les écrans de télévision
l’animent encore d’une multitude de bandes d’archives ou d’actualité
présentant des actionss de guérillas et de contre guérillas, montrant
tantôt des hordes de combattants sales, barbus, mal armés, souvent
pieds nus, portant des armes disparates pillant des villages, égorgeant
des populations innocentes, emmenant des femmes et des enfants, mettant
le feu aux maisons, tantôt des images de guerre moderne où les longues
préparations de l’aviation et la formidable portée des engins de mort
pilonnent des montagnes et des forêts, détruisent des routes et des
ponts, éventrent des abris qui semblaient indestructibles, réduisent à
néant des villages et des forteresses, retardant le plus possible ce
moment inéluctable où l’homme se jette sur l’homme dans un corps à
corps tragique et pitoyable où c’est le mieux armé ou le plus retors
qui le plus souvent a le dessus. Ce ne sont qu’étreintes, lames
plantées dans des corps, incendies, explosions, gorges tranchées,
ventres ouverts d’où coule la matière grumeleuse des tripes, flots de
sang, membres égarés, crânes d’où suinte la masse cervicale, regards
hallucinés, cris inaudibles, personnages indéfinissables transformés en
brasiers, enfants pourrissants sur des bords de route, jeunes femmes se
faisant exploser au milieu de la foule, individus hagards mitraillant
des bus ou mettant le canon de leur arme dans la bouche d’autres
individus à genous à leurs pieds, charognes gonflées abandonnées aux
abords des villages, immeubles qui s’écroulent, ambulances et voitures
de police fonçant à toute allure vers des destinations inconnues,
jeunes gens rôdant hallucinés dans des paysages de désolation,
nourrissons jetés aux crocodiles, enfants cadavériques aux regards
exorbités, femmes se noyant près de fragments d’épaves de bateaux,
tôles de véhicules divers si tissées aux corps qu’il est impossible de
les distinguer, fragments de chair épars sur le sol, têtes coupées,
hommes pendus à des crochets de grues ou accrochés aux branches
d’arbres variés, chenilles de char faisant des corps un magma
indescriptible, bombes tombant en chapelets sur des villages, missiles
faisant exploser des véhicules, militaires illuminant au lance flammes
des cases nocturnes, corps entassés comme du bois mort, cadavres jetés
dans des fosses à ciel ouvert, chairs saignantes, corps, cadavres…
Le Salon vide est silencieux.
|
|
| [
Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) |
Imprimer |
Permalien ]
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
| |
|
|
| |
| Statistiques |
| 2 connecté(s) |
| 130507 visiteurs |
| Depuis le 28/08/2005 |
|
| |
|