|
|
| |
|
|
| |
| Parrainage |
| Titre de votre futur blog : |
|
|
| |
|
|
|
| Sommaire des articles de cette rubrique |
|
|
|
|
| Invasion des bandes armées (le 21/01/2006 à 12h16) |
Les
maximes de la sagesse politique ne s’appliquant qu’à des questions de
forme, de procédé, d’opportunité, elles étaient aussi impuissantes à
résoudre les questions de fond qu’en philosophie la pure logique l’est
à trancher les questions d’existence… Marcel Proust, Le côté de Guermantes.
Françoise se laisse emporter dans le tourbillon incessant des images
mouvantes des très nombreux écrans qui animent les murs du foyer : une
enfant fixe sur la caméra des yeux immenses comme perdus dans le vide ;
de nombreux corps féminins sont emmêlés sur un très vaste lit
circulaire ; des soldats se livrent à un corps à corps acharné ; une
fillette sage se promène en donnant la main à sa mère (et celle-ci
ressemble vaguement à Oriane) ; sur une barque à l'étrave très haute
peinte en vert, un jeune garçon d'environ huit ans, très musclé pour
son âge, sourit au soleil; un autre enfant aux yeux dévorés de mouches
regarde la caméra ; des ouvriers en grève des régions du nord défilent
dans les rues détruisant sur leur passage les magasins de la ville ; la
nuit, des hordes de pitbulls enragés occuperaient les rues de la ville
: réalité et imaginaire, faits et fantasmes, tout se confond pour elle
dans un total désordre, les événements relatés et ceux qu’elle a été
amenée à vivre s’emboîtent les uns dans les autres comme les pièces
d’un puzzle, comme si chacun de ses gestes, chacune de ses pensées
dépendait d’un monde qu’elle voudrait extérieur et sur lequel pourtant,
à sa façon elle agit. Ainsi depuis quelques jours, d'innombrables faits
étranges énervent la communauté, des ragots divers courent les salons,
encombrent toutes les conversations. L'envahissent. On dit que des
bandes armées sillonneraient la ville pillant tout ce qu'elles
trouvent, violant tous ceux qu'elles rencontrent. On parle partout
d'attentats, de troubles, certains suggèrent même des massacres…
L'armée elle même ne semblerait plus très sûre. On entend parfois, la
nuit, des bruits de fusillades. Chaque jour apporte avec lui sa chaîne
déconcertante de drames. La ville entière tremble, les habitants se
cachent, la nourriture commence à manquer… Un peu partout sur cette
terre, la guerre fait rage. La variété même des faits, dans
sa massive prévisibilité, est devenue une banalité quotidienne :
Françoise ne peut ainsi ignorer que la ville entière ne cesse de parler
d'un assassinat qui aurait été découvert la veille dans le quartier
résidentiel. Sur trois colonnes, à la première page du Défenseur du
Peuple, s'étale d’ailleurs la photo d'un cadavre méconnaissable au
corps déformé par la douleur. Elle s’inquiète de ce mort dont elle ne
sait rien, se demande comment elle pourrait en savoir davantage. |
|
| [
Ajouter un commentaire | 0 commentaire(s) |
Imprimer |
Permalien ]
|
|
|
|
|
|
| |
|
|
|
|
| |
|
|
| |
| Statistiques |
| 1 connecté(s) |
| 130192 visiteurs |
| Depuis le 28/08/2005 |
|
| |
|